La filière bois française

bois coupe

La filière bois française

 

L'un des principaux enjeux de la filière forêt-bois est la récolte et la commercialisation du bois. On chiffre à 36 millions de m3 la récolte de bois commercialisé en France en l'espace d'un an.

La filière forêt-bois est une source d'emplois importante en France. Forte de plus de 440 000 emplois directs et indirects, soit 1,7 % de l'emploi en France, elle est riche d'une diversité de savoir-faire présents sur l'ensemble du territoire. Elle regroupe les entreprises qui cultivent, coupent, transportent, transforment, commercialisent et recyclent ou consument le bois.

ETF-homme

 

La filière forêt-bois française est un modèle type d'économie circulaire qui permet de créer de la valeur économique et écologique à chaque étape, de l'amont forestier à l'aval industriel. Présente sur de nombreux marchés actuels, la filière forêt-bois est une filière d'avenir avec deux objectifs princpaux : développer une ressource compétitive et de qualité en gérant durablement les forêts, et valoriser les bois français en développant leur utilisation. 

 


La transformation du bois

La filière forêt-bois s'articule autour de plusieurs secteurs d'activité. 

La filière amont comprend la sylviculture et la mobilisation des bois (gestion forestière, travaux d'entretien et d’exploitation de la forêt et production du bois). 

La première transformation du bois comprend toutes les opérations directement effectuées sur les bois ronds qui permettent d’obtenir un autre produit. Les produits issus de la première transformation sont par exemple les équarris, les avivés bruts, les plots, les placages tranchés ou déroulés, les bois fendus, les plaquettes, les sciures, les copeaux, la pâte à papier, le bois de feu, le charbon de bois, etc.

La deuxième transformation du bois comprend les opérations effectuées sur les produits de la première transformation et qui permettent d’obtenir des éléments semi-finis et/ou profilés. Les produits issus de la deuxième transformation sont des produits ayant subi une opération de séchage, de traitement, de rabotage, de moulurage, de collage, etc. Les produits issus de la deuxième transformation sont par exemple les bois traités, les bois séchés artificiellement, les bois rabotés, les bois moulurés, les bois poncés, les lames de bois massif (parquet, bardage, lambris, decking), les pellets, les briquettes... 

La troisième transformation comprend les opérations effectuées sur les produits de la première ou deuxième transformation et qui permettent d’obtenir des produits finis (aucune transformation supplémentaire n'est nécessaire). Les produits issus de la troisième transformation sont par exemple les meubles, les menuiseries, les parquets contrecollés, les tonneaux, les palettes, le papier, le carton, etc. 

 


Bois d'oeuvre, bois d'industrie, bois énergie 

Le bois d'œuvre est constitué de grumes destinées au sciage, déroulage, tranchage et autres usages ''nobles'' de la filière bois ; après transformation, ces bois servent en menuiserie, charpente, caisserie, ameublement. Le bois d'oeuvre est tiré du fût des arbres, c'est-à-dire de la partie la plus grosse et la mieux conformée. Le diamètre minimum est généralement de 20 à 25 cm mais certains équipements de sciage (canter) permettent de descendre à des diamètres plus faibles (environ 15 cm). En dessous de cette dimension, les cimes et branches sont façonnées en billons de bois d'industrie ou de feu.

Chaque année, environ 18.5 millions de m3 de bois d'œuvre sont utilisé pour les constructions ou encore par tous les artisanats liés au travail du bois. Sur ces 18.5 millions de m3 de bois d'oeuvre récoltés :

  • 7 900 000 m3 sont utilisés pour les sciages
  • 230 000 m3 sont utilisés pour les merrains et le bois sous rail
  • 300 000 m3 sont utilisés pour les placages et les contre-plaqués

 

Le bois d'industrie représente quant à lui 10.4 millions de m3 par an. On parle aussi de bois de trituration puisqu'il est destiné aux industries de trituration qui transforment et utilisent les fibres issues du bois ou d’autres dérivés. Cette catégorie de bois provient des parties les moins nobles de l'arbre. En effet, lors de la récolte de bois d’œuvre, les parties de l’arbre comme le houppier, par exemple, serviront au bois d’industrie. L’approvisionnement par les bois ronds issus de la forêt est complété par la valorisation des produits connexes de scierie (chutes et déchets de bois issus du processus de transformation des bois). Le bois d’industrie permet ainsi de valoriser les bois qui ne sont pas aptes à une utilisation en bois d’œuvre. C’est un produit complémentaire au bois d’œuvre pour permettre de valoriser au mieux l’arbre.         

La transformation du bois d’industrie permet la fabrication de panneaux de bois reconstitué utilisées en construction, des produits d’isolation (fibre), des produits destinés à la papeterie et l’emballage (pâte à papier) ainsi que des applications en chimie (extraits des composés du bois).

Sur les 10.4 millions de m3 récoltés :

  • 1.7 millions sont utilisés pour la création de pâtes à papier
  • 5 300 000 de m3 sont utilisés pour les panneaux
  • 100 000 m3 sont utilisés pour tout autres usages

 

En forte croissance, le bois énergie est la première des énergies renouvelables en France. Il désigne l’utilisation du bois en tant que combustible, employé sous différentes formes : plaquettes forestières, produits connexes de scierie, produits bois en fin de vie, granulés, bûches, dans des installations domestiques, industrielles ou collectives. Sur les 36 millions de m3 récoltés par an en France, plus de 6.9 millions de m3 sont consacrés au bois énergie. Ce chiffre est en constante croissance puisque le bois bûche représente près de 90 % de la consommation française de bois énergie pour le chauffage domestique.

L'utilisation du bois comme bois de chauffage, ne dépend pas spécialement de l'essence de ce dernier (résineux ou feuillus) puisque la composition chimique du bois est assez proche d’une essence d’arbre à une autre. En moyenne, elle se structure autour de 50 à 55% de carbone, 35 à 40% d’oxygène, 5 à 7% d’hydrogène, 1% d’azote et 1% de minéraux. A une température élevée, le carbone et l’hydrogène s’oxydent au contact de l’oxygène, ce qui permet la combustion du bois et la production de chaleur.

On distingue principalement 3 formes du bois énergie :

  • Les bûches et rondins, généralement de 25 à 50 cm de long, constituent la forme la plus brute de l’exploitation du bois énergie. Elles servent de bois de chauffage mais possèdent souvent un faible pouvoir calorifique en raison de leur humidité persistante.                                                                                         
  • Les plaquettes forestières ou industrielles sont des composites de quelques centimètres cube de bois déchiqueté. Elles sont produites à partir de résidus forestiers (branches, bois d’élagage) qui sont secs, ce qui permet d’obtenir un meilleur pouvoir calorifique du combustible.                                                            
  • Les granulés sont des cylindres de 1 à 3 cm de  long constitués de copeaux ou de sciure de bois compacté. Leur taux d’humidité est très faible, autour de 10%

 


L'industrie du bois, un marché d'avenir

Selon les idées reçues, la forêt française serait un territoire surexploité. A l'inverse, celui-ci est réellement sous-exploité. Ainsi, le devenir de la filière forêt-bois est un élément porteur d'innovation et de développement. 

En effet, la France reste un grand pays d’innovation dans le secteur du bois, à la fois dans la construction mais également dans la fibre et le papier. La capacité d'innovation de la filière forêt-bois française est l'un des atouts majeurs de ces acteurs. 

Par exemple, la construction de maisons individuelles en bois et l'industrialisation de la maison en ossature bois sont en augmentation constante. Cependant le marché du bois de construction reste encore faible en comparaison avec d'autres pays européens.Le développement de filière forêt-bois dépend principalement du secteur de la construction bois, tant en termes économiques, qu'en termes d’emploi. La réhabilitation urbaine avec la réfection des logements et des isolations, en lien avec les lois de transition énergétique, est un atout de développement, car elles ouvrent de manière large de nouveaux marchés.

Le sujet du changement climatique est évidemment un élément à prendre en compte quant au développement de la filière. Ce qu’il faut savoir c’est que la filière lutte fermement contre les changements climatiques. En effet, la filière forêt-bois démontre une capacité de stockage du carbone très forte qui pourrait sensiblement augmenter. L’intensification forestière participe à une atténuation des émissions de gaz à effet de serre grâce à l’usage de matériau ou d’énergie bois plutôt que de produits concurrents issus de filières plus émettrices de GES. De ce fait, elle améliore la résilience de la filière face aux crises : climat, incendies, tempêtes ou invasions biologiques.

Ainsi, l'image positive que véhicule le bois avec une gestion dynamique et durable, une capacité d'absorption des gaz à effet de serre, et des projets d'envergure comme la construction d'immeubles en bois de grande hauteur, permettent à la filière forêt-bois d'envisager un avenir favorable.

 

Wood'Up mène ses actions dans l'amont forestier, mais travaille en coordination avec l'ensemble des acteurs de la filière forêt-bois !

Par Wood'Up, le 21 février 2018

Wood'Up 2017