Le changement climatique

Sur Terre, le climat a toujours varié. Un environnement tropical pouvait, 15 000 ans après, devenir un paysage couvert de glace.

Ces grands changements climatiques ont été, et sont toujours, le résultat de causes naturelles, expliquant que le climat continuera perpétuellement de changer. Cependant, l'implication de l'homme quant à la progression de ce phénomène est fortement admise. Canicule en été, hiver sans neige, dérèglement du climat, le changement climatique se manifeste sous des formes très diverses qui sont perceptibles à échelle humaine.

 


La flore face au réchauffement climatique

En France, la température a augmenté de plus de 1,2 °C depuis 1950. Les seize dernières années comprennent les dix années les plus chaudes depuis un siècle. Cependant, au-delà du climat, les conséquences du réchauffement climatiques sont bien plus complexes et affectent tous les milieux. Le réchauffement de l'eau et de la fonte des glaces fait monter le niveau des mers mettant en péril de nombreux archipels et terres basses, comme les Pays-Bas ou le Bangladesh. 

La flore pourrait subir les effets de l'augmentation de température, c'est-à-dire l'extinction de plusieurs centaines de milliers d'espèces végétales. Certes, avec l'effet de serre les plantes auront une vitesse de croissance plus élevée grâce à l'augmentation de la concentration en COatmosphérique, mais l'augmentation de quelques degrés va engendrer de nombreuses répercussions sur la vie des végétaux.

En réponse aux conséquences du réchauffement climatique, la répartition géographique de la faune et de la flore tend à se déplacer vers le nord pour s'adapter à une température moins élevée : c'est le cas de nombreuses espèces du sud de la France !

Cependant, il est difficile d'imaginer certaines espèces "migrer" suffisamment rapidement vers le nord. C'est le cas des arbres, où le cas d'une migration assistée, par plantation d'essences adaptées, pourrait être la seule et unique solution pour permettre à certaines espèces de suivre les déplacements des habitats lui étant favorables.

 


Les effets du changement climatique sur les peuplements forestiers

La forêt, qui représente une part importante de la flore, se trouve donc fortement soumise à l'effet du climat et ses changements. Alors que certains propriétaires estiment déjà voir les effets du changement climatique sur leurs peuplements, les forestiers s’inquiètent de voir se multiplier sécheresses, dépérissements et attaques parasitaires, provoquant ainsi un déséquilibre de l'écosystème forestier. 

A court terme, les conséquences de ce réchauffement peuvent toutefois être profitables. En effet, l’augmentation du taux de CO2 entraîne en effet une augmentation de la photosynthèse, ce qui signifie une hausse de la croissance des arbres. La hausse des températures induit quant à elle l’allongement de la durée de la saison de végétation et stimule l’activité des mycorhizes (association entre un champignon et un végétal).

Si l’allongement de la saison de végétation paraît comme une bonne chose pour la productivité, elle risque en revanche d’aggraver les dégâts dus aux gelées de printemps en entraînant des débourrements trop précoces. Elle risque également de provoquer un mauvais aoûtement (transformation des rameaux en vrai bois à la fin de l'été), ce qui rendra les arbres plus sensibles aux gelées d’automne et au froid hivernal. Il faudra aussi faire face à une recrudescence des incendies sur des surfaces beaucoup plus conséquentes, notamment hors de la zone méditerranéenne. 

Ainsi, l'augmentation des concentrations en CO2 va permettre pendant un certain temps un gain de productivité. Cependant, l’augmentation de la croissance des arbres ne pourra pas se poursuivre indéfiniment, notamment à cause du manque d’eau durant la période estivale. Il en résultera à terme une diminution de la production de la plupart des essences forestières, variable selon leur situation géographique.

Les conséquences phytosanitaires quant à elles sont et seront importantes pour les arbres, car l’augmentation des températures, notamment en hiver, va permettre l’extension de l’aire de certains ravageurs (insectes) et pathogènes (champignons).

 

Il est donc essentiel pour les forestier de comprendre la nécessité de faire évoluer leurs pratiques de gestion sylvicole. La sylviculture devra s’adapter pour parer aux conséquences du changement climatique. De nouveaux systèmes de classement des peuplements tiennent désormais compte des risques nouveaux liés au changement climatique : 

  • Peuplement sans avenir 
  • Peuplement à avenir incertain 
  • Peuplement à avenir potentiel

 


Une modification des aires de répartition des peuplements 

De ce fait, le changement climatique pourrait bien être la cause d'une modification brutale et définitive de la composition, de la structure mais aussi du fonctionnement des écosystèmes forestiers.  

En France, une modification des aires de répartition est clairement attendue. Chênes, hêtres, épicéas, sapins, pins, douglas : la présence et la localisation de ces arbres prévoient d'être fortement modifiées, lorsque les effets du réchauffement climatiques seront pleins. Les espèces méditerranéennes comme le chêne vert remonteront vers le nord ; le pin sylvestre diminuera considérablement dans tout l'ouest ; le hêtre régressera fortement en plaine ; enfin, l'aire des essences montagnardes sera réduite.

De tels évènements créent des situations exceptionnelles qui exigent donc d’adopter des modes de gestion dérogeant aux pratiques usuelles. Afin de se donner des atouts pour anticiper les effets de ce phénomène sur la gestion forestière il est important de : 

  • renforcer les diagnostics stationnels pour que les forestiers aient de nouveaux critères simples (réserve hydrique) et des cartes de risques, 
  • réaliser des synthèses sur l’autoécologie des essences,
  • réorienter l’amélioration génétique vers les essences et provenances résistantes au stress hydrique,
  • généraliser la futaie claire régulière ou irrégulière, la forêt mosaïque, les mélanges, le traitement des lisières,
  • raccourcir les révolutions par une gestion plus dynamique et augmenter les récoltes afin d’éviter la capitalisation, source de stress des peuplements et d’augmentation des risques.

Dans le cadre du changement climatique et pour ce qui concerne la forêt, trois grands types différents de crises sont susceptibles de se produire : des sécheresses, des incendies et des tempêtes. Il est donc nécessaire de s’adapter à cette situation nouvelle et d’organiser en amont la gestion de tels évènements.

Par Wood'Up, le 7 mai 2018

Wood'Up 2017