Les incendies de forêt

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Les incendies de forêt

Depuis toujours les incendies constituent une menace pour nos forêts. En période estivale, les 17 millions d'hectares de la forêt française sont davantage touchés par ce risque, en raison du changement climatique mais aussi par diverses autres causes. 

Cependant, toutes les régions françaises ne présentent pas la même sensibilité au départ d'incendie : le climat chaud et sec des régions méditerranéennes, corse et landaise en font des zones plus sensibles aux départs de feux. 

Au niveau national et sur la dernière décennie, on dénombre en moyenne, chaque année, un peu moins de 4 000 feux de forêts pour une superficie de 10 000 ha environ. Les variations interannuelles restent cependant fortes.

 


Quelles sont les causes ?

Premièrement il est important de différencier un départ de feu et un incendie. On parle d'incendie de forêt lorsque le feu couvre une surface minimale de 0,5 hectare d'un seul tenant et qu'une partie, au minimum d'étages arbustifs et/ou arborés, est détruite. 

Pour que celui-ci soit provoqué, la réunion de trois ingrédients est indispensable : un combustible, un comburant et une énergie d'activation. Dans le cas des feux de forêt, la végétation tient lieu de combustiblel'air et l'oxygène qu'elle contient jouent le rôle de comburant et la moindre étincelle peut alors suffire à apporter une énergie d'activation suffisante.

En période estivale, lorsque la température est élevée et que les pluies viennent à manquer, la part d'eau contenue dans les tissus des plantes s'évapore. Les feuilles constituent alors un combustible de choix, d'autant qu'elles offrent une large surface de contact avec le comburant oxygène. La moindre étincelle peut alors venir enflammer des brindilles, puis des herbes sèches, des buissons, des arbres et enfin, la forêt tout entière.

Dans le cas des incendies de forêt d'origine naturelle, ce sont des événements météorologiques puissants, comme la foudre et les orages secs, qui en sont généralement responsables. 

Dans ce cas, il n'y a pas grand-chose à faire pour prévenir les incendies, si ce n'est un débroussaillage régulier. Les opérations de surveillance de la forêt, grâce à des tours de guet notamment, peuvent par ailleurs limiter les conséquences de ces feux.

Cependant, moins de 10% des incendies de forêt sont d'origine naturelle. Dans le cas de la responsabilité humaine, la cause peut être intentionnelle, involontaire ou liée aux infrastructures.

Pas moins de la moitié des feux de forêt sont dus à l'imprudence des visiteurs : un mégot de cigarette mal éteint jeté au sol ou encore un barbecue mal maîtrisé. Afin de limiter ce genre d'imprudence, des consignes de sécurité sont régulièrement diffusées et notamment dans les régions à risque.

Les incendies liés aux infrastructures sont moins nombreux mais continuent de se produire chaque année, il s'agit par exemple des incidents provoqués autour des transformateurs électriques ou encore des feux de voitures.                                           

Enfin, la cause intentionnelle rassemble près de 40% des départs d'incendies de forêts allumés volontairement par des pyromanes.

 


Prévenir et lutter contre les incendies

Les incendies de forêts sont et ont toujours été des phénomènes réguliers pour lesquels des mesures ont dû être envisagées afin de lutter contre leur progression, notamment dans le bassin méditerranéen et le massif landais où 80% des feux de forêts en moyenne surviennent.

La lutte contre les incendies est régie en amont par une politique volontariste de prévention du risque. 

Ainsi, ces services contribuent financièrement à :

  • entretenir et développer les équipements de défense des forêts contre les incendies (DFCI) des massifs forestiers (en particulier points d’eau, tours de guet, coupures de combustible, pistes de DFCI),
  • participer au diagnostic du danger de feu lié à l'état de dessèchement du couvert végétal,
  • assurer des patrouilles de surveillance et de première intervention, grâce notamment à la mobilisation de près d'un millier de forestiers spécialisés des services déconcentrés de l'Etat (DDT(M), de l’Office national des forêts (ONF) et en partenariat avec les forestiers sapeurs de certains conseils départementaux),
  • veiller, en lien avec les maires, au respect des mesures de débroussaillement obligatoire autour des habitations et en bordure de certaines infrastructures.

Autour des zones les plus sujettes aux départs d'incendies, chaque département est constitué d'une équipe pluridisciplinaire de recherches des causes de feu. Celle-ci est composée d'un sapeur-pompier (SDIS), un forestier (ONF), et un officier de police judiciaire (services de police et de gendarmerie). Le but de ces équipes est de permettre une réduction des mises à feu relatif à l'activité humaine (direct ou indirect). Grâce à cette pratique, une réduction de plus de 20% d'incendies de forêt a été observée depuis 2003 en zone méditerranéenne. 

ONF : L'Organisation National des Forêts intègre la protection des forêts contre les risques incendie dans toutes ses actions de gestion durable. Cet enjeu passe par des mesures spécifiques de sylviculture et d'équipement intégrés aux documents d'aménagement forestier et par la réalisation de travaux de protection des forêts exposées à ce risque. Des équipes d'ouvriers sont chargées, toute l'année, de l'entretien des pistes, des points d'eau et des balisages. En période de risques, des patrouilles de surveillance doivent détecter les départs d'incendie, donner l'alerte, faire les premières interventions sur feux naissants et orienter les secours. Ils ont aussi un rôle d'information et de sensibilisation auprès du public. 

En forêt privée, certaines coopératives forestières travaillent avec les services de DFCI pour créer des pistes forestières, qui servent mutuellement à la lutte incendie et a la gestion des forêts.

Le but est que les propriétaires forestiers participent à la lutte contre l’incendie de forêt tout en valorisant leur propriété. Ils sont la possibilité de gérer activement leurs forêts à travers un document de gestion et de récolter et valoriser le bois pour la production d’énergie, mettent en valeur les bois d’œuvre de leur forêt. Dans ce sens, ils opèrent en même temps le dégagement du sous-bois, diminuant considérablement le risque de propagation des incendies.

 


Conséquences des incendies en forêt

Certains faits sont communs à chaque incendie, malgré le fait que les dégâts puissent être différents en fonction de la puissance du feu. Par exemple les zones d’habitation et les voies de circulation proche du lieu d'incendie se retrouvent exposées à un risque accru d’érosion et de chutes de pierres après que le feu ait été maitrisé. En revanche, la rapidité avec laquelle la forêt panse ses plaies dépend du type et de la fréquence des incendies qui y font rage. 

En effet, le feu de forêt modifie les conditions de vie et facilite la propagation de nouvelles espèces. Après l’incendie, on observe une amélioration à court terme de la situation nutritionnelle offrant une condition de vie favorable à de nombreux animaux et végétaux.

Ainsi, certaines espèces d’arbres se régénèrent à une vitesse étonnante grâce aux rejets de souche et à l'ensemencement, rendant ainsi inutiles les plantations d’arbres ciblées, si aucune fonction de protection particulière n’est nécessaire. 

Quelques années après un incendie, le nombre d’espèces animales et végétales présentes sur le territoire incendié après recolonisation dépassent celui d’une forêt intacte. 

Cependant, même si le repeuplement des zones incendiées est important, il n’en reste pas moins qu’une forêt détruite par le feu pose surtout un problème de sécurité, en particulier lorsqu’il s’agit des forêts de montagne. Les feux de forêts progressent généralement le long de pentes raides, entraînant souvent des chutes de pierres au moment même de l’incendie.

Des conséquences plus graves apparaissent après l’incendie, le feu laissant une couche de cendres qui a un effet hydrofuge. Pendant un à deux ans, l’eau de pluie pénètre difficilement dans le sol et ruisselle en surface, entraînant l’érosion, notamment lors de précipitations abondantes. Des coulées de boue peuvent même survenir en cas de pluies persistantes. 

Après un incendie de forte intensité, des ouvrages préventifs permettent de protéger la zone contre les chutes de pierres et les glissements de terrain.

Par Wood'Up, le 16 mai 2018

Wood'Up 2017