Sylviculture et peuplements forestiers

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Sylviculture et peuplements forestiers

L’objectif de tout propriétaire forestier est d’effectuer la meilleure gestion forestière possible, afin de répondre aux mieux à ses objectifs de production. Pour ce faire, il se doit de gérer durablement sa forêt. La politique forestière française oeuvre en ce sens (voir notre article sur la gestion durable des forêts).

Loin d'être un lieu anodin, la forêt est un lieu d'étranges combinaisons du règne végétal terrestre. Réservoir naturel d'eaux souterraines, receleur de carbone et d'oxygène, fournisseur de matériau bois, il est surtout l'habitat privilégié d'un très grand nombre d'espèces végétales et animales. 

En d'autres termes, la forêt est "multifonctionnelle", en référence à la pluralité des fonctions qui lui sont imputables :  fonctions écologiques, fonctions économiques et fonctions sociales. La forêt n'est pas qu'un lieu de production de bois. La sylviculture, ensemble de connaissances et de sciences techniques appliquées aux forêts, veille à respecter cette multifonctionnalité. 

 

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Gérer sa forêt demande un certain nombre de connaissances que le propriétaire forestier n’a pas toujours. Heureusement, les gestionnaires forestiers, rompus aux techniques de sylviculture, savent répondre aux besoins en respectant réglementation et notions environnementales.

 

Le gestionnaire ou le propriétaire forestier s’appuie ainsi sur des techniques de sylvicultures, détaillées ci-dessous, qui lui permettront d’assurer la pérennité de sa forêt en prévoyant sa régénération naturelle ou artificielle. Il veille également à l’entretien et à l’amélioration de son bien.

La production de bois de qualité est l'objectif le plus fréquent du sylviculteur. La plupart des itinéraires sylvicoles ont été élaborés et promus pour optimiser la production de bois en quantité comme en qualité. Le sylviculteur peut avoir pour objectif la production d'autres produits marchands ou non marchands : gibier pour la chasse, champignons, protection des sols et de l'eau, préservation des paysages, maintien ou restauration de la biodiversité, accueil du public, stockage du carbone...

L'itinéraire sylvicole est la modélisation des travaux sylvicoles et des prévisions des opérations sylvicoles applicables à des peuplements forestiers conduits selon divers modes de traitement, par essences forestières sur une même région naturelle forestière. Les itinéraires sylvicoles définissent la nature et le rythme des interventions successives (coupes et travaux) à réaliser pour gérer au mieux un peuplement forestier. Ils se pratiquent sur des cycles très longs afin de parvenir aux objectifs sur une période de 10 à 20 ans. Selon le type de peuplement, le traitement sylvicole préconisé peut varier. 

 

On recense diverses techniques forestières qu'il est bon de connaître lorsque l'on souhaite pratiquer une bonne gestion forestière :

 


La futaie irrégulière ou futaie jardinée

La futaie irrégulière est une technique de sylviculture qui permet de faire se cotoyer des arbres d'âges, de dimensions et parfois même d'essences différentes. La sylviculture irrégulière est un mode de gestion plus écologique, où l'absence de coupe rase permet de ne jamais « mettre à nu » le sol forestier, ce qui permet à la forêt de remplir efficacement certaines de ses fonctions, comme la protection des sols contre les érosions ou la protection contre les avalanches : les racines tiennent le sol, les végétaux et les feuilles le protègent du ruissellement et de l’érosion, la forêt maintien un microclimat tempéré et humide sous la canopée des arbres.

Au sein de la futaie irrégulière, il existe aussi un cas particulier, celui de la futaie jardinée. Sa caractéristique principale est qu'elle est entièrement gérée par l'homme et qu'elle est composée de diverses essences d'arbres, d'âges différents. Le but est de contrôler le nombre d'arbres en fonction des dimensions et de l'essence de chacun dans le but d'assurer une production continue d'arbres matures à long terme.

Le système de la futaie jardinée requiert des interventions légères, régulières et fréquentes. Il s'agit donc d'un mode de gestion intensive, qui nécessite un suivi constant et une certaine habileté technique. L'avantage de ce type de peuplement,  est l'obtention d'un revenu régulier puisque les récoltes sont périodiques et progressives. 

 


L'amélioration des futaies régulières

Les futaies régulières sont composées par des arbres d'un âge plus ou moins proche et, souvent, une espèce est très largement dominante. On parle de peuplement monospécifique.

Issus en général de plantations, ces peuplements évoluent du stade de semis jusqu'éventuellement au stade de semis, fourrégaulis, perchis, jeune futaie et futaie. Chaque stade correspond un certain nombre d'opérations sylvicoles : par exemple, le dépressage se fera pendant le fourré, tandis que les coupes d'éclaircie se font pendant le stade de futaie.

A chaque fin de cycle, les futaies sont coupées soit de manière brute - on parle alors de coupe finale - soit par le biais de coupes progressives, réparties dans le temps - on parle alors de coupe d'éclaircie, utile à l'amélioration du peuplement.

Il existe également la coupe d'ensemencement, destinée à régénérer le peuplement par la production de semis. Ces trois objectifs de coupe peuvent parfois se combiner entre eux.

 


L'amélioration des taillis

Les taillis sont les peuplements issus de la reproduction asexuée ou reproduction végétative d'une souche, où plusieurs bourgeons ont pu se développer après avoir reçu un apport massif de sève brute. En taillis, la maturité des peuplements peut être atteinte en seulement une quinzaine d'années, en raison de la présence des racines, déjà bien développées dans le sol. 

En régime de taillis, le balivage ou l'éclaircie permettent de favoriser les plus beaux arbres, les baliveaux, pour orienter le peuplement vers une production de bois d’œuvre. Les rejets des souches sont alors régulièrement émondés afin que la souche puisse générer des brins d'une dimension acceptable. On pratique alors une coupe à blanc, afin de permettre à la souche de générer de nouveaux brins.

En régime de taillis, on distingue le taillis simple du taillis fureté : dans le premier cas, tous les brins d'une même souche sont coupés en même temps ; dans le second, seuls les brins de diamètre suffisant sont récoltés, les autres sont laissés jusqu'à obtenir un diamètre minimal requis. 

En France, les régimes de taillis ont peu à peu laissé place à des régimes de taillis-sous-futaie, davantage propices à la production de bois d'oeuvre que les régimes de taillis, dont la production était davantage celle de bois de chauffage. 

 


Le propriétaire peut s'occuper lui même de son exploitation, ou en transférer la gestion à des professionnels. Le propriétaire forestier qui gère lui-même sa forêt doit avoir de solides compétences en  :

  • Sylviculture : Connaissances en botanique, conduite de la sylviculture, planification des travaux d’infrastructures (pistes, aires de débardage), gestion des coupes, entretien et jardinage de la forêt
  • Législation : Droits et devoirs du propriétaire, code civil, code rural, code de l’environnement, règlementations diverses, établissement d’un Plan Simple de Gestion.
  • Fiscalité : Notion de revenu cadastral, impôt foncier, impôt sur le revenu, ISF, TVA, droits de mutation, plus-value de cession.
  • Vente des bois : Cubage, choix de l’acheteur, négociation, prix de vente.
  • Cynégétique : Plan de Chasse, sylviculture tournée vers la protection et l’alimentation du gibier.

 

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Par Wood'Up, le 7 février 2018

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